Chapitre 13.3 — CV, portfolio & GitHub
⏱️ TL;DR — Ton dossier a un seul job : décrocher l’entretien. Quatre pièces qui se répondent. Le CV orienté impact (« j’ai réduit X de Y % » plutôt que « j’ai utilisé React »), et ATS-friendly (mots-clés de l’offre, format simple). Le portfolio : 2–3 projets qui prouvent — dont idéalement un projet IA — présentés en contexte / problème / résultat. Le GitHub actif et lisible (README, projets finis
>forks morts). Le LinkedIn cohérent avec le CV. La règle qui les traverse toutes : preuve>affirmation.
🎯 Objectifs
- Écrire un CV orienté résultats et passe-partout ATS.
- Choisir et présenter 2–3 projets de portfolio qui prouvent une compétence.
- Rendre ton GitHub lisible et crédible en un coup d’œil.
- Aligner ton LinkedIn avec le reste pour ne pas t’auto-saboter.
Le rôle du dossier : décrocher l’entretien, rien d’autre
Ton CV ne te fera pas embaucher : il te fera passer au tour suivant. Ça change tout. Tu n’écris pas une autobiographie exhaustive ; tu construis, en une page, assez de signal pour qu’on veuille te parler. Chaque ligne doit gagner sa place. Si une ligne ne prouve pas que tu livres, elle occupe l’espace d’une ligne qui le ferait.
Le CV orienté impact
La différence entre un CV oublié et un CV retenu tient souvent à un seul réflexe : parler résultats, pas tâches.
| ❌ Orienté tâche | ✅ Orienté impact |
|---|---|
| « J’ai utilisé React et Redux » | « J’ai refondu le tunnel d’achat, réduisant l’abandon de ~18 % » |
| « Développement d’une API REST » | « J’ai conçu une API qui a divisé par 3 le temps de chargement du dashboard » |
| « Intégration de l’IA » | « J’ai ajouté une recherche IA qui a coupé de moitié les tickets support » |
Le patron est simple : verbe d’action + ce que tu as construit + résultat mesurable. Le résultat n’a pas besoin d’être spectaculaire ; il a besoin d’être concret. « Réduit le temps de build de 12 à 4 minutes » vaut mieux que « amélioré la CI ». Si tu n’as pas de chiffre, décris quand même l’effet : « ce qui a permis à l’équipe de… ».
💡 Réflexe — Pour chaque ligne d’expérience, applique le test « et alors ? ». Tu écris « développé une feature de notifications » — et alors ? « …ce qui a augmenté le retour des utilisateurs de X % » ou « …ce qui a supprimé les relances manuelles de l’équipe support ». Si tu ne peux pas répondre « et alors ? », la ligne est une tâche, pas un résultat : reformule-la ou coupe-la.
ATS-friendly : passer le premier filtre
Beaucoup de CV sont d’abord lus par un ATS (le logiciel de tri des candidatures), pas par un humain. S’il ne te lit pas correctement, aucun humain ne te verra. Trois règles :
- Reprends les mots-clés de l’offre. Si l’annonce dit « TypeScript », « Next.js », « API REST », que ces termes exacts figurent dans ton CV (là où c’est vrai). L’ATS matche des mots.
- Format simple. Une colonne, titres de sections standards (« Expérience », « Compétences », « Formation »), pas de tableaux exotiques ni de texte dans des images. Un
PDFpropre exporté depuis un traitement de texte, pas un visuel design illisible par la machine. - Nomme les technos explicitement. Une section « Compétences » claire aide le matching. Mais rappelle-toi 13.2 : la liste de technos ne différencie pas — ce sont tes lignes d’impact qui le font. L’ATS veut les mots-clés ; l’humain veut les résultats. Donne les deux.
Le portfolio : 2–3 projets qui prouvent
Un portfolio n’est pas une galerie. C’est la preuve que tes affirmations sont vraies. Mieux vaut 2 ou 3 projets solides et finis qu’une dizaine de démos à moitié faites.
Pour chaque projet, raconte-le en trois temps :
- Contexte — c’était quoi, pour qui, pourquoi.
- Problème — quelle difficulté réelle tu as dû résoudre (technique ou produit).
- Résultat — ce que ça a donné : en ligne, utilisé, un chiffre, un apprentissage.
Un projet sans cette narration est juste un lien. Avec elle, il devient une démonstration de raisonnement — et c’est ce qu’on recrute.
Compose ta sélection ainsi :
- Un projet « métier » qui vise le secteur ciblé (13.1) — il montre que tu comprends leur monde.
- Un projet IA, idéalement — c’est le différenciateur du moment. Une feature IA en production, même petite, qui montre que tu sais brancher un modèle proprement, gérer les erreurs et penser au coût.
- Un projet « profondeur » qui incarne ta barre verticale (13.2) — perf, paiements, temps réel, ce qui te rend mémorable.
Le GitHub : actif et lisible
Un recruteur qui ouvre ton GitHub se fait une opinion en dix secondes. Ce qu’il doit voir :
- De l’activité, pas forcément un mur vert quotidien, mais des projets récents et vivants.
- Des projets finis avec un
READMEclair : à quoi ça sert, comment le lancer, une capture ou une démo. Un projet fini et documenté vaut dix repos abandonnés. - Du code lisible sur au moins un ou deux repos que tu mets en avant (structure claire, commits qui racontent une histoire).
Ce qu’il ne doit pas voir dominer : une majorité de forks morts, des repos vides, ou des « tutoriels suivis » sans rien de personnel. Range ton profil : épingle tes 3–4 meilleurs repos, ceux qui correspondent à ton portfolio. Ton GitHub n’a pas besoin d’être immense — il a besoin d’être crédible au premier regard.
⚠️ Piège — Le GitHub « cimetière de forks ». Trente repos dont vingt-huit sont des forks jamais touchés et deux des projets vides envoient le signal inverse de celui que tu veux : « commence beaucoup, finit rien ». Deux projets finis, documentés, épinglés battent trente entames. La complétude est elle-même un signal — elle est rare, et les employeurs la cherchent.
Le LinkedIn : cohérent, ou tais-toi
Le recruteur va croiser ton CV et ton LinkedIn. S’ils se contredisent — titres différents, dates qui ne collent pas, un CV « sens produit » et un LinkedIn vide — le doute s’installe, et le doute élimine. LinkedIn doit raconter la même histoire que le CV : même positionnement (ta barre verticale), mêmes résultats phares, un titre qui dit ce que tu fais et pour qui. C’est aussi là que ta présence en ligne (Partie 10) devient visible du recruteur : un profil qui publie et qui est cohérent avec le CV te met au-dessus de la pile avant même le premier échange.
🚀 Sur ton plan 12 mois — Ton dev consacre un week-end à son dossier. Il réécrit chaque ligne de CV au format « verbe + réalisation + résultat », passe l’annonce cible au crible pour caler les mots-clés ATS, et sélectionne trois projets — dont sa petite feature IA en prod — qu’il documente en Contexte / Problème / Résultat. Il épingle les repos correspondants sur GitHub et aligne son LinkedIn. En deux jours, il passe d’« un CV parmi cinquante » à « un dossier qui prouve » — et ses candidatures commencent à décrocher des réponses.
✏️ Exercices
Exercice 1 — Réécris trois lignes. Prends trois lignes de ton CV actuel formulées en tâches. Réécris-les au format « verbe d’action + réalisation + résultat mesurable (ou effet concret) ».
✅ Solution
Le test de réussite : chaque ligne réécrite survit au « et alors ? ». « Développé un module de paiement » devient « Intégré Stripe avec gestion des échecs, ce qui a réduit les paiements perdus de X % » ou, sans chiffre, « …ce qui a supprimé les relances manuelles de la compta ». Si tu n’as vraiment aucun résultat à rattacher à une ligne, c’est peut-être qu’elle ne mérite pas sa place : remplace-la par une ligne qui prouve quelque chose.
Exercice 2 — Compose ton trio de portfolio. Choisis les 2–3 projets que tu mettrais en avant. Pour chacun, écris une phrase de Contexte, une de Problème, une de Résultat. Vérifie qu’au moins un touche l’IA et un ta barre verticale.
✅ Solution
Un bon trio couvre les trois rôles : un projet qui parle au secteur visé, un projet IA (le différenciateur 2026), et un projet de profondeur (ta verticale). Si tes trois projets sont interchangeables, ils prouvent une seule chose au lieu de trois. Et si un projet ne tient pas en Contexte / Problème / Résultat, c’est qu’il n’est pas assez fini ou pas assez clair pour ton portfolio — remplace-le ou termine-le d’abord.
🧠 Quiz de révision
1. Quel est le seul vrai objectif de ton CV ?
Décrocher l’entretien, pas te faire embaucher directement. Chaque ligne doit donc apporter assez de signal pour qu’on veuille te parler. Une ligne qui ne prouve pas que tu livres occupe la place d’une ligne qui le ferait.
2. Quelle est la différence entre une ligne « tâche » et une ligne « impact » ?
La tâche décrit ce que tu as fait (« utilisé React »). L’impact décrit ce que ça a produit (« refondu le tunnel, −18 % d’abandon »). Le patron : verbe d’action + réalisation + résultat mesurable (ou effet concret). Test rapide : la ligne survit-elle au « et alors ? » ?
3. Que veut dire « ATS-friendly » et pourquoi c’est vital ?
Que ton CV est lisible par le logiciel de tri des candidatures : mots-clés repris de l’offre, format simple en une colonne, sections standards, technos nommées. C’est vital car si l’ATS ne te lit pas correctement, aucun humain ne te verra.
4. Combien de projets de portfolio, et comment les présenter ?
2 ou 3 projets finis et solides, pas dix démos à moitié faites. Chacun raconté en trois temps : Contexte, Problème, Résultat. Idéalement un projet IA et un projet qui incarne ta barre verticale. La narration transforme un lien en démonstration de raisonnement.
5. Qu’est-ce qui rend un GitHub crédible, et qu’est-ce qui le décrédibilise ?
Crédible : des projets récents finis avec un README clair, du code lisible, 3–4 repos épinglés cohérents avec le portfolio. Décrédibilisant : une majorité de forks morts, repos vides, tutos suivis sans rien de personnel. Deux projets finis battent trente entames.
Chapitre suivant : Process & entretiens — une fois l’entretien décroché, comment le réussir à l’ère de l’IA.